La parcellisation des tâches promet plus d’efficience et des économies d’échelles…
Aujourd’hui omniprésente, voyons les limites et conséquences de ce fonctionnement.
Quintilien, rhéteur et pédagogue du 1er siècle et son hexamètre (QQOQCCP ?) proposait, entre autres, qu’une guerre se gagne par une succession de petites victoires.
Fin du XVIII et début du XIXème siècle, avec la naissance de « Ford » et de la production de voiture en série, Taylor et quelques experts en « Organisation Scientifique du Travail et de l’Entreprise » s’en inspirent. Ils proposent de diviser le travail en tâches élémentaires, de spécialiser chaque salarié et de séparer les tâches de conception, d’exécution et de contrôle.
Victoire : la voiture et tout ce que l’Homme inventera ensuite, se démocratise.
Exemples de parcellisation dans la vie quotidienne
C’est aussi ce que nous faisons spontanément pour optimiser nos travaux ménagers, pour gagner du temps. Gamin, l’un faisait la vaisselle, l’autre l’essuyait, le troisième la rangeait. Au jardin, l’un pioche, l’autre creuse, le troisième évacue. En déménagement, l’un met les paquets sur le palier, quelques-uns les descendent, le dernier les range dans le camion.
Nous partageons alors le sentiment commun d’avoir fait tout ça vite et bien. Nous avons économisé nos forces et notre temps et pouvons ensemble partager notre fierté du travail bien fait et trinquer 😉!
Pour optimiser ces processus simples, les faire dans le bon ordre, on se parle pour se coordonner, fluidifier les mouvements, éviter les répétitions, les arrêts et les reprises. Tout le monde sait le résultat attendu, qui fait quoi avec aisance et ça nous motive.
La parcellisation dans tous les domaines : industries, commerce, éducation, santé, sport…
Cette façon de faire s’est généralisée et développée. Nos usines, en grossissant, se sont divisées en sites, services, ateliers, ilots, machines spéciales, postes, … .
La distribution commerciale en commerce de proximité, superettes, moyenne, grande, hyper distribution et par Moyenne et Grande Distribution Spécialisée, tous subdivisés en rayons.
Nos écoles sont découpées par niveau, par classes et par cours et un professeur expert par heure.
Nos médecins se répartissent en généralistes et en spécialistes jusqu’aux hyper spécialistes (Il existe plus de trente hyper-spécialités autour du cœur !).
Le sport suit le mouvement (attaquant, ailier, arrière). On en sort avec quelques sports polyvalents : biathlon, décathlon, pentathlon, … que l’on voit se développer en équipe.
Gains et illusions
Parlant de sport, avez-vous remarqué comment évoluent les temps au 2000 m à l’aviron en solo, en double, à 4 et à 8 ?

Les performances collectives progressent, les temps diminuent.
Ramenez maintenant ces mêmes performances à l’individu :
Se mettre à 8 pour gagner 28 % !?!
Qui a gagné quoi ? (Ceci est une image pour illustrer les limites de ce que nous vivons partout ailleurs).
Et en vélo, comparez le record de la distance à l’heure, seul et en tandem ?

Vous êtes plutôt rameur solo, en double ou à 8 ?
Quel est le seuil d’efficience de vos équipes ?
Une observation faite depuis très longtemps :
David, après avoir fait l’inventaire des forces et faiblesses de Goliath, commence par le point faible. Sans armure ni épée, mais avec une simple fronde et une pierre, son point fort à lui, il terrasse le géant.

Aie ! La notion de rapport de force s’effondre !
L’efficience prend corps.
Un seuil critique à ne pas dépasser pour rester efficient
Dans nos classes, nos amphis, nos équipes, nos services, nos réunions, nos assemblées… où sont les seuils d’effectifs avant que tout s’inverse ?
Convenons que le « toujours plus » au service de « l’espéré mieux » a ses limites. Alors que la montée d’adrénaline dans le public, elle, grimpe fortement avec l’effectif.
Ambiance, exaltation collective, émotions joyeuses et efficience s’opposeraient-ils ?
Le développement personnel (hyper spécialisé) déconnecté du développement collectif ne l’a-t-il pas abimé ?
Voyez le moral des salariés, les dérives et conséquences psychosociales un peu partout !
Sommes-nous plutôt Goliath ou plutôt David ?
Repartir des besoins, des objectifs à atteindre tous ensemble en s’imposant une vision globale
Nous avons vu dans les exemples qu’il y a un point d’équilibre à trouver et à faire évoluer ensemble.
Reprenons l’exemple de la vaisselle : à trois c’est génial, à cinq c’est limite, à 7 c’est le bazar !
Organisons une rotation, le délai sera à peine plus long mais le temps de travail par chacun sera sensiblement plus court.
Que recherchons-nous ?
Quels besoins voulons-nous satisfaire ?
Quels sont nos objectifs ?
A partir de quel effectif on se parle encore et à partir de quel effectif on ne se parle plus ?
Comment stimuler la communication entre tous ?
A partir de quel volume on fait des économies et à partir de quel volume les économies s’inversent-elles ou le sont au détriment des résultats et de la qualité de vie au travail ?
Que vivons-nous actuellement à l’échelle de la planète ?
On confond vitesse et précipitation
Ces exemples parmi tant d’autres illustrent une confusion entre vitesse et précipitation, entre efficacité et efficience, entre volume et performances, entre croissance et développement, entre le perçu et le réel mesuré.

Des bilans et conclusions biaisées par nos perceptions
Le troublant, l’inconfortable, c’est que nos convictions les plus profondes sont construites et ancrées sur des perceptions. Même un bilan comptable, fait de chiffres et d’affectations codifiées, est lu et analysé de façon différentes en fonction de la culture, de l’expérience et des attentes du lecteur. Les spécialistes savent le présenter pour rassurer ou séduire. Ils le font en toute honnêteté et conscience pour leur donneur d’ordre, rarement pour les lecteurs à qui il reste le soin de le démonter pour le remonter à leur façon de voir et penser les choses !
Quel sens peut avoir un bilan lu et exploité sans connaitre les acteurs qui réalisent la Valeur ajoutée ?
Comment vous protégez-vous des illusions ?
L’illusion de la performance par la parcellisation
Illusions et discernement : pourquoi dans les entreprises de production, quand il y a des économies à faire, on descend d’abord dans l’atelier ou sur le terrain ? Parce que là on voit, on sent, on entend, tous nos sens sont sollicités.
Alors que dans les services on voit peu, sauf des gens bien assis à leur place, on entend peu, on sent peu … le piège des perceptions !
En un siècle les gains de productivité dans les ateliers avoisinent les 85 % alors que dans les services et administrations, toute informatique confondue, les gains de productivité n’ont pas atteint la moitié !
Pas vraiment séduisant ni rassurant tout ça !
Ça explique en grande partie les désordres et leurs conséquences dans lesquels nous évoluons aujourd’hui.
Mais, alors pourquoi parcelliser les tâches et grossir autant si ce n’est pas pour être meilleur ?
Hyper spécialisation des tâches : en dépassant les seuils, on inverse le résultat attendu !
L’hyper spécialisation des tâches et les économies d’échelle ont leurs limites propres à chaque système. En dépassant les seuils, on inverse le résultat attendu et on provoque des désordres regrettables.
Conséquences : des incompréhensions qui génèrent l’arbitraire et l’autoritarisme, des incohérences perçues en agression générant :
- pertes de confiance,
- doutes,
- contestations,
- repli sur soi…
- jusqu’à l’arrêt maladie ou/et la guerre.
La sagesse populaire a observé depuis longtemps que « La résistance d’une chaine égale celle du maillon le plus faible ! ».
Avec une vision globale, que seul le groupe diversifié permet, nous gagnons en conscience de nos forces et de nos fragilités. Nous pouvons alors agir avec pertinence et équité tous ensemble. Le groupe diversifié est à l’image du village africain.

A quoi ressemble notre organisation ? Quelle est son efficience (surtout pas comptable) ?
Comment faire pour préserver une vision globale ?
En inversant les pratiques d’animation des réunions et en utilisant les bons outils, le groupe diversifié et participatif assurent la pertinence, la cohérence des choix et décisions. Il libère une intelligence et une créativité collégiale jamais atteinte et tellement « plus raisonnables ! »
Des réunions participatives et efficaces grâce à un jeu de rôles
Avec le Jeu d’rôles enthousiastes on arrête d’en parler, on prend le temps, on fait ensemble et tout change !
Grâce à ce jeu de rôles ultra simple à mettre en œuvre, on cherche à impliquer l’ensemble des collaborateurs et à les voir progresser en permanence. A chaque réunion de travail et de formation, on leur accorde un micro-rôle d’animation tournant et sans enjeu.
Dirigeants, DRH, managers, soyez les architectes d’une révolution paisible !
Avec le « Jeu d’rôles enthousiastes », vous avez les cartes en main pour libérer la créativité et l’intelligence collective de vos équipes !
Voilà un superbe projet pour la rentrée !
Envie de faire progresser vos équipes ?
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Article publié le 03/07/2024